Le 24 novembre, à l’occasion de la semaine de la solidarité internationale, le Collectif Latino-américain de Poitiers (COLAP) nous a emmenés aux confins du Chili et de l’Argentine au cœur des terres encore préservées de la Patagonie. Je dis « encore » car la situation est aujourd’hui inquiétante puisque de nombreuses causes touchent aujourd’hui cet écrin terrestre.

 En effet, le film « La route Australe » réalisé par Emilio Pacul qu’il nous a été permis de voir au Dietrich nous renseigne sur les problématiques engendrées par les besoins en énergie du Chili. Par l’évolution des réseaux routiers, la route australe a permis de relier une bonne partie de la Patagonie au reste du Chili par cette route dont la construction fut un défi contre la nature et les éléments, entre terre et mer. Bien que celle-ci permette aujourd’hui une meilleure connaissance de la Patagonie de par le monde, cette initiative du dictateur Pinochet engendre en même temps bien des convoitises.

 Première cause, le réchauffement climatique dû à l’activité humaine fait reculer les glaciers et entrevoir des richesses inexploitées comme de l’or notamment.

Deuxièmement, les fleuves irrigant la Patagonie ont de forts débits et l’un des plus importants d’entre eux fait l’objet d’un projet de construction de barrage qui inonderait de nombreuses vallées comprenant plusieurs petites villes et villages. De surcroit, ce barrage financé par un groupe énergétique d’Espagne ne servira pas au développement de la Patagonie puisque l’électricité produite sera utilisée 3000 kms plus loin, à l’extrémité nord du pays afin de permettre l’exploitation minière. Ce sujet fait débat en ce moment même au Chili et les habitants de la Patagonie se battent  pour la sauvegarde de leurs terres.

 En effet, les habitants de la Patagonie vivent en autarcie et ont toujours su utiliser leurs ressources à bon escient afin de les préserver et de les transmettre aux générations futures.

Ce modèle représente un des rares et beaux exemples de bonne gestion de la nature par l’homme. Mais cela est sans compter sur le système capitalisme qui nous a menés à la crise que nous vivons aujourd’hui et dont nous ne sommes pas sortis. Le capitalisme prône la production de masse et va jusqu’à créer des besoins au nom d’une certaine volonté d’évolution qui cache des profits à outrance réservés à quelques-uns, quitte à détruire notre planète. Aujourd’hui nous avons le choix et nous connaissons les méfaits de cette politique qui ne vise qu’à penser égoïstement à nous sans se préoccuper de nos enfants. Il faut se battre pour la sauvegarder la Patagonie comme il faut se battre pour préserver notre planète et arrêter ce massacre.